Séminaire : De l'intrication dans l'intervention sociale

Présentation

Ce séminaire est organisé conjointement par l'université de Perpignan Via Domitia et par l'antenne de Perpignan de l'IRTS Languedoc Roussillon.

 

Les séminaires principaux de l’équipe de recherche se tiennent tous les quinze jours, selon une alternance entre séminaires scientifiques (2/3) et séminaires techniques (1/3).
Les séminaires scientifiques portent sur l’approfondissement des questions relatives à l’intervention sociale, les séminaires techniques portent sur les activités d’écriture et la publication des ouvrages de l’équipe, l’organisation de journées d’études, la participation à des colloques nationaux ou internationaux.
Un séminaire consacré à l’observatoire transfrontalier de l’éthique en intervention sociale se tient tous les mois.

 

 

Introduction

L’intervention sociale se présente sous la forme de la construction d’une action, ou d’une logique d’action, au sein d’un champ complexe d’enjeux, d’acteurs, de contraintes, de conflits.

On peut, pour le moins, distinguer trois niveaux de ce champ.

C’est d’abord le niveau macrosocial, macroéconomique, géopolitique où se construisent des tendances et des déterminismes assez puissants pour conditionner les logiques d’action des niveaux suivants.
La compréhension des systèmes d’action et des interactions de ce niveau constitue un préalable à l’action sociale, notamment quand on la constitue en une logique d’intervention. Il y a peut-être, dans l’impératif d’une meilleure compréhension de ce niveau ce qui fait la différence entre « agir sur les conséquences » des déterminismes et « intervenir au regard » de ces mêmes déterminismes. Non plus simplement corriger, éponger, soigner (même si cela reste un objectif de l’intervention), mais anticiper, accompagner, orienter.

C’est ensuite le niveau contextuel de l’environnement des acteurs et de l’intervention.
L’action se construit au sein d’un environnement plus ou moins local présentant des facettes spécifiques et impliquant des acteurs particuliers ou, pour le moins, inscrits dans des configurations particulières. Ce niveau présente également un fort degré de complexité faite d’histoire, de mémoire, de conflits locaux, d’habitudes, de culture. Il concerne tout autant les personnes ou groupes dits « destinataires » ou « bénéficiaires » de l’intervention, que les acteurs institutionnels ou professionnels des interventions.

Enfin, l’intervention des acteurs dans le champ social se fait à partir des structures ou des institutions qui leur donnent la légitimité d’agir et qui ont, chacune, leurs raisons et leurs façons d’aborder les choses.
L’acteur praticien, à ce niveau, doit intérioriser les contraintes et logiques de sa propre structure qui doit veiller à la défense et à la consolidation de sa légitimité à agir, tout autant que de ses moyens d’action.

L’idée de l’intrication des systèmes et des acteurs nous pousse vers l’exploration de la complexité.

 

Objectifs

Au cours du séminaire 2011/2012 nous nous attellerons à saisir ce qui constitue la complexité des situations pour les acteurs praticiens, décideurs, institutionnels et pour les chercheurs en sciences sociales de l’intervention. Il sera question d’explorer les dynamiques sociales et en leur sein les dynamiques institutionnelles, relationnelles, d’appréhender les disjonctions, les contradictions, les tensions, les conflits et les crises, également les jonctions, les réciprocités, les liaisons, les sociabilités, afin de rendre compte de la construction quotidienne de la complexité.
Nous tacherons d’explorer les situations-problèmes rencontrées par les acteurs professionnels, institutionnels, bénéficiaires mais également chercheurs pour analyser les situations-réponses et leurs dynamiques constructives.
Nous nous attarderons sur ce qui apparait comme phénomène imprévisible, aléatoire, incertain et qui pourtant construit le social et interagit sur l’intervention et l’intervenant.

Autrement dit, il nous faudra se pencher sur les intentions et les finalités que les acteurs valorisent, les voies empruntées pour les réalisations, les auto éco-organisations pour reprendre la formule de E. Morin.
Cela nous conduira dans un premier temps à partager nos compréhensions et nos savoirs sur la conception systémique de l’intervention sociale. Qu’est ce que la pensée systémique ? Quel est l’ancrage épistémologique ? Quelles sont les dynamiques des systèmes, quelles sont les limites de l’approche systémique ? Quelles sont nos définitions des systèmes-acteurs ? Nous aborderons ensuite les concepts de mutidimensionnalité ( Morin) et de multiréférentialité ( Ardoino) pour tenter de saisir leur utilité du point de vue de l’intervention . A quoi cela sert –il de penser le social et l’intervention dans la complexité ?
Il nous faudra prendre aussi d’autres entrées comme la question des conceptualisations et des interventions pluridisplinaires, les frontières, les douaniers du savoir, mais également regarder du coté des passeurs, des transdisplinaires, des transversalités des transindividualites.

Calendrier : Programme.pdf

Contacts :

Brigitte Baldelli : b.baldelli@irt-lr.fr 

Yves Gilbert : gilbert@univ-perp.fr

 

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