Axe 3 : Sciences de l'intervention & Transformations sociales

Responsable : Yves Gilbert,PR(19°), UPVD

Dans la perspective du courant contemporain de la sociologie d'intervention, et, plus généralement, dans celle qu'ouvrent les sciences sociales d'intervention (psychologie sociale, économie sociale et solidaire, gestion, droit, information et communication, etc.), la transformation sociale est un processus inéluctable : tout système est en évolution permanente, sous la pression de ses propres composantes internes, sous celle des contextes dans lesquels il s'inscrit ou du fait des interactions entre les unes et les autres.

Les systèmes sont complexes et connaissent à la fois des antagonismes internes, des principes de récursivité et de rétroaction et des principes d'ouverture sur d'autres systèmes.

Enfin, toujours dans la perspective des sciences sociales d'intervention, ce qui est à l'origine de l'action des systèmes, ce sont les acteurs qui les portent. Mais, dans les systèmes sociaux, les individus ne sont pas spontanément des acteurs. Il faut, pour cela, qu'ils aient intériorisé à la fois les règles du jeu minimales du système (processus de socialisation primaire ou secondaire), qu'ils soient susceptibles d'exprimer leurs singularités (processus d'individuation), de comprendre leur condition et leur potentiel de sujet (processus de réflexivité) et de se saisir de leur condition potentielle d'acteurs (processus d'historicité ou d'action collective). C'est ce qu'on peut appeler les différents états du sujet.

L'intervention sociale, qui traduit en action le paradigme des sciences sociales d'intervention, porte particulièrement sur l'accompagnement de l'advènement du sujet (Herreros) ou de la surrection de l'acteur (Gilbert).

Aujourd'hui, la sociologie d'intervention s'organise autour de trois entrées complémentaires : l'entrée clinique, exprimée par les travaux de Vincent de Gaulejac ou d'Eugène Enriquez ; l'entrée organisationnelle exprimée par Michel Crozier et Erhard Friedberg, par Renaud Sainsaulieu et Marc Uhalde, mais aussi par Philippe Bernoux, Rémi Amblard, Yves-Frédéric Livian ou Gilles Herreros ; et,

enfin, celle que nous proposons tout particulièrement : l'entrée réticulaire, s'intéressant au rôle des réseaux d'acteurs dans la production des transformations sociales  (réseaux du développement social ou de l'économie sociale et solidaire, réseaux associatifs, dispositifs de coopération entre organisations ou institutions, réseaux de communication, réseaux sociaux, etc.).

Ces trois entrées sont loin d'être antagoniques, au contraire elles circonscrivent les acteurs, les logiques et les enjeux entremélés de la transformation sociale.

Les chercheurs de l’axe 3 de CORHIS abordent la question de la transformation sociale à partir de quatre entrées non exclusives à partir desquelles se constitueront des ateliers

Épistémologie, paradigmes, postures et méthodologies de l’intervention
La première entrée consiste en une poursuite et un approfondissement des travaux menés jusqu’à présent par l’équipe de recherche à l’origine de cet axe. Il s’agit de ceux qui portent sur l’épistémologie, la méthodologie, l’inter et la transdisciplinarité des sciences sociales d’intervention.

Champs et acteurs de l’action et de l’intervention sociale :
La deuxième entrée consiste à approfondir la connaissance des champs de l’action sociale (enfance, handicap, rapports de genre, vieillissement, etc.) et des questions qu’elle mobilise (notamment la question éthique, mais également les questions de formation et de professionnalité : référentiels de compétence, alternance, construction de postures de l’action).

La dimension réticulaire de l’intervention ; réseaux d’acteurs, postures d’intervention et dispositifs de recherche-action
La troisième entrée consiste à s’interroger sur la dimension réticulaire de l’intervention sociale, mettant en interactions acteurs, enjeux, logiques, réseaux et territoires.

Observatoire transfrontalier d’éthique appliquée (OTEA)
Des chercheurs de l’axe 3 du CORHIS sont engagés depuis quelques années dans un travail de recherche coopérative transfrontalière (France-Catalogne) sur la question de l’éthique en intervention sanitaire et sociale. Le partenaire catalan est la Fondation Campus Arnau d’Escala (qui rassemble des hôpitaux, l’Université de Gérone et d’autres institutions).

Enfin, fidèles à la fois à l'esprit de l'intervention et à nos pratiques déjà relativement anciennes, nous privilégions l'articulation entre les espaces du savoir et de l'abstraction théorique et ceux de la pratique et de la réflexivité. Aussi notre organisation même se traduit par une cohabitation et une collaboration entre chercheurs et praticiens pour atteindre des objectifs communs : la production de connaissances -dont beaucoup viennent directement de la pratique- et leur réinjection dans les pratiques des acteurs. Aussi, les membres du PREFIS, rassemblant les docteurs-formateurs des instituts de formation professionnelle des travailleurs sociaux en Languedoc-Roussillon, sont naturellement membres associés du laboratoire au travers de son axe 3.

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