Axe 2 Management des ressources humaines, mutation des relations d'emploi et de travail...

Responsable : Alain Briole,PR (6°),UPV-UM3

Aujourd'hui, les relations d'emploi apparaissent aussi bien comme ce qui  peut définir l'essentiel des formes de vulnérabilités sociales (ce qui fait problème dans l'intégration sociale) que l'essentiel de leur traitement .

Dans une période d'intense redéfinition des relations d'emploi, reconsidérer les pratiques de traitement des situations de vulnérabilités sociales doit permettre de dépasser le débat traditionnel qui ne veut considérer qu'une alternative: collectivisation des risques ou responsabilisation individuelle.

On peut envisager la vulnérabilité sociale comme une catégorie large constituée par un certain nombre d’attributs qui vont désigner un état de fragilité auquel on va assigner les individus qui en manifestent ou en portent les traits, des corps aux groupes sociaux, éventuellement associés à des espaces particuliers. C’est à travers cette dynamique de qualification et de classement que se déploient les dispositifs du champ sanitaire et social.

On peut également considérer la vulnérabilité comme une valeur, un paradigme, une construction de sens qui oriente la production de stratégies d’évitement, de réduction, de prévention. Cette approche ne renvoie pas directement à des catégories sociales substantielles (même si elles sont comme en filigrane du processus), ni à des catégories administratives liées au classement des populations, au sens large, préalablement identifiées, mais se focalisent plutôt sur les modalité de construction de la vulnérabilité, comme en amont.

Le traitement de la vulnérabilité mobilise alors surtout les notions de responsabilité et de solidarité. La vulnérabilité sociale ne relève plus d’une spécialisation des acteurs et des institutions mais traverse au contraire l’ensemble du social et de l’économique . Il ne s’agit plus ici de traiter les populations vulnérables mais les facteurs supposés les produire, à l’œuvre dans l’ensemble des activités ordinaires, techniques, sociales et économiques.

Cette orientation amène à  mettre au premier plan les entreprises, comme acteurs d'une part et d'autre part  comme espace de déploiement de dispositifs sociaux .

Cette problématique décline d’une certaine façon celle de la question sociale, comme l’indique S Paugam (2007) : « Le compromis de l’après-guerre qui avait permis de faire reculer l’assistance et de concilier efficacité économique solidarité sociale a été en quelque sorte ébranlé par la «  nouvelle question sociale ». Le chômage, mais aussi l’instabilité des emplois et l’intensification du travail ont remis en question les équilibres antérieurs […] La protection sociale est devenue très inégale selon les salariés, et les moins qualifiés  sont aujourd’hui aussi les moins protégés ».

Ce constat, qui renvoie bien à la vulnérabilité sociale, à l’articulation du social et de l’économique, va ouvrir une réflexion sur la solidarité. Mais les espaces et les acteurs parmi les plus impliqués dans cette nouvelle dynamique, les entreprises, pourtant évoqués, restent curieusement absents du champ de l’analyse- et la notion de risque impliquée par celle de vulnérabilité sociale, dans l’articulation du social et de l’économique, est maintenue à la périphérie du travail réflexif[1](Marchand 2007).

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[1]              Elle persiste dans le champ sous des formes particulières ; société du risque, dans sa version culturelle, ou individualisme dans sa forme idéologique. Elle est toujours prise comme expression de la philosophie libérale.

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